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Pour éviter de propager les virus, parlez japonais !

 

 

Futura-sciences.com nous raconte que le Japon a été relativement épargné par l’épidémie de Covid-19. Ce serait en partie grâce à sa langue qui produit moins de sons expirés et donc moins de gouttelettes. Quelle que soit la langue, certaines phrases et façons de parler sont à proscrire pour éviter de postillonner et de répandre des virus sur vos interlocuteurs.

Avec à peine 140 cas par million d’habitants, soit 10 fois moins qu’en France, le Japon a été relativement épargné par l’épidémie de Covid-19 malgré un confinement beaucoup moins sévère. Sans doute grâce à la fermeture précoce des frontières, aux habitudes culturelles — on ne se fait guère la bise, d’étreinte ou d’accolade –, un niveau d’hygiène élevé ou une possible immunité croisée avec d’autres virus asiatiques. Mais un autre paramètre a peut-être joué : la langue japonaise.

 

Ces consonnes qui expulsent les sons…

On sait en effet que le coronavirus, comme le virus de la grippe ou de la tuberculose, se transmet principalement par voie aérienne via les gouttelettes contaminées lorsqu’on tousse ou qu’on parle. Or, une récente étude montre que certains mots ou phrases produisent plus de sons expirés, comme par exemple les consonnes b, d, p, t… qui nécessitent l’utilisation des lèvres et de la langue, et qui expulsent les sons.

La phrase « Stay healthy », (« Restez en bonne santé ») par exemple produit une explosion de gouttelettes de 20 à 500 microns. Or, la langue japonaise utilise peu de ces consonnes exhalées et les sons émis sont beaucoup plus doux.

 

…Et ces phrases qui postillonnent

Une autre étude parue en janvier dans la revue PlosOne s’est aussi penchée sur la question, en mesurant les taux d’émission de gouttelettes par un texte parlé.

« Nous avons constaté que certaines phrases sont associés à une production de particules significativement plus élevée, notent les chercheurs. Par exemple, la voyelle /i/ (« need » – besoin – ou « sea » – mer) produit plus de particules que /ɑ/ (« saw » – scie- ou « hot » – chaud) ou que /u/ (« blue » – bleu ou humeur), tandis que les mots disyllabiques incluant des consonnes vocales (/d/, /b/, /g/) produisent plus de particules que les mots comportant des consonnes non vocales (/s/, /h/, /f/) ».

Plus une phrase contient de voyelles, plus on va émettre de particules en la prononçant, affirme l’étude, qui prône la prise en compte de la langue en tant que paramètre pour les études épidémiologiques de propagation des virus respiratoires.

 

Les Japonais parlent plus calmement… ou se taisent

La langue n’est toutefois pas le seul paramètre à jouer. La façon de parler diffère aussi largement d’un individu à l’autre, notamment par le niveau sonore : plus on parle fort, plus on va émettre des gouttelettes. Ceci expliquerait en partie pourquoi certaines personnes se transforment en « supercontaminateurs », responsables à eux seuls de 80 % de infections.

De leur côté, les Japonais auraient tendance à parler de façon plus calme et plus discrète, voire à ne pas parler du tout, suggère William D. Ristenpart, l’un des auteurs de l’étude de PlosOne, sur le site Vice.com. Mais le pire reste quand même de chanter à tue-tête en public. À Washington, l’épidémie de Covid-19 aurait ainsi démarré dans une chorale au mois de mars, où l’un des chanteurs a contaminé 53 autres membres en moins d’une heure et demi.

 

Pour voir l’article d’origine avec sa vidéo : https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-science-decalee-eviter-propager-virus-parlez-japonais-81600/

 

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Parlez-vous extraterrestre ?

 

En ce moment sur Netflix, les extraterrestres débarquent avec Premier Contact (Arrival) !

Dans ce film de science-fiction, douze vaisseaux extraterrestres apparaissent mystérieusement à différents endroits du globe. Une experte en linguistique comparée, Louise Banks, est alors recrutée pour établir le contact avec les nouveaux venus et comprendre leurs intentions. Elle découvre un mode de pensée tout à fait unique et en apprenant leur langue écrite en cercle, elle apprend à agir sur le temps.

Le film, s’il reste une grosse production, ne manque de pas de réflexion et aborde un aspect tout à fait intéressant du langage. La structure du langage de ces extraterrestres permet en fait au locuteur de s’exprimer pour toutes les époques. L’hypothèse de Sapir-Whorf, selon laquelle  » la langue d’une société humaine donnée organise l’expérience des membres de cette société et par conséquent façonne son monde et sa réalité « , est ici poussée à l’extrême.

De réels exemples nourrissent cette hypothèse. Saviez-vous que nous voyons les couleurs différemment selon la langue que nous parlons ? Ou plutôt, nous voyons les même couleurs, mais nous les nommons autrement. Ainsi, dans certaines langues, il n’existe qu’un seul mot pour désigner le bleu et le vert.

Si cet article a piqué votre curiosité, sachez que nous avons au musée une section sur la communication extraterrestre (si, si, c’est vrai) ! Le film est disponible dans notre micro-cinéma, et pour voir la bande-annonce c’est par ici.

 

© Anne Eveillard

Jouez au scrabble !

 

Chez Mundolingua, nous avons un scrabble géant, avec toutes les langues onusiennes – sauf une : laquelle et pourquoi ? Venez donc faire une partie avec nous !

Le scrabble est une véritable institution. On a tous passé de longues après-midi ou soirées avec nos parents ou grands-parents autour de ce jeu indémodable. C’est toujours le même casse-tête pour se débarrasser d’un « z » ou d’un « w ». Il est souvent tentant d’inventer de nouveaux mots, mais on se ravise, on vérifie dans le dictionnaire, et on regrette alors de n’avoir pas avoir appris par cœur le riche vocabulaire de Colette.

Et parfois, d’autres considérations viennent en jeu, plus politiques. Quels mots peut-on utiliser sans offusquer nos partenaires ? Il y a des mots que l’on n’ose poser lorsqu’on joue avec nos aînés ou des inconnus. La question est également pertinente dans les associations de scrabble. Faut-il interdire certains mots ? L’Association nord-américaine des joueurs de Scrabble voudrait exclure 225 mots insultants ou discriminatoires de ses compétitions. Vous pouvez lire un article très intéressant du Monde à ce sujet en cliquant ici.

(Photo : © Anne Eveillard)