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La langue amazighe

La langue amazighe, officialisée en Libye, reste assujettie aux conflits qui déchirent le pays. Le Parlement Libyen (Chambre des représentants) qui siège à Benghazi et Tripoli vient d’officialiser la langue amazighe le 28 Mai 2020. La Libye devient le troisième pays d’Afrique du Nord après le Maroc en 2011 et l’Algérie en 2016 à officialiser la langue mère amazighe (tamazight). La Tunisie est le seul pays à ne pas avoir légiféré sur cette question.

Les députés de Libye ont voté à la majorité l’adoption de la langue amazighe qui jouira du même statut que la langue arabe sur tout le territoire. Les observateurs amazighs restent très prudents sur cette décision : «Une officialisation intervient généralement lors d’une réforme constitutionnelle. La décision parue le 28 mai est véridique, quant à son importance il faut relativiser. Il faut surtout attendre ce que les Amazighs de Libye diront à ce sujet. En revanche, ce qui est quasiment certain, c’est que le Parlement rajoutera le tamazight à sa charte graphique et l’ensemble de ses documents officiels porteront l’en-tête tamazight», de l’avis du responsable d’une association amazighe. Selon Rachid Raha, Président de l’ONG Assemblée mondiale amazigh, « Tamazight n’est pas encore officialisé. Seul le parlement de l’ouest l’a adopté au sein de son Parlement et décidé de l’inclure dans ses documents ».

La langue amazighe devient obligatoire dans tous les documents administratifs et officiels du pays. Muammar Kadhafi avait rejeté la culture amazighe pour pouvoir défendre la thèse d’une nation arabe et unie. Historiquement la Libye est un pays amazigh. Pour l’historien Hérodote, il n’y avait en Afrique du Nord que des Libyens. 10% de la population demeure amazighophone en Libye malgré la dictature et la politique intensive d’arabisation. En 2005 a été organisé le 1er Congrès des Amazighs libyens (Agadir) pour mieux coordonner la résistance et le soulèvement des Amazighs en Libye. L’identité amazighe est toujours vivement combattue par les islamistes, financés par la Turquie ; les villages berbérophones de l’Est libyen sont régulièrement bombardés par les forces du Maréchal Haftar soutenues par l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Émirats arabes, la France, les États-Unis et la Russie.

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